Histoire de l’Energiewende

Origine du terme « Energiewende »

Le terme « Energiewende » voit le jour dans les années 1970, avec la tentative des opposants au nucléaire de démontrer qu’une alternative en matière d’approvisionnement énergétique pouvait exister.

Ce terme (qui peut se traduire par « transition énergétique ») nous renvoie donc au-delà de ces dernières années. On le retrouve ainsi dans une étude de 1980 réalisée par l’Institut allemand d’écologie appliquée.

Cette publication, révolutionnaire à l’époque, était certainement la première à affirmer que la croissance économique était compatible avec une baisse de la consommation d’énergie – un thème qui sera repris plus tard dans de nombreux ouvrages comme le « Facteur 4 » en 1998. Des publications antérieures, comme le rapport du Club de Rome, Limits to growth (Limites de la croissance) en 1972, consistaient principalement en des avertissements qui ne proposaient toutefois pas de solutions spécifiques. L’ouvrage Energiewende était l’une des premières tentatives de proposition d'une alternative globale, les énergies renouvelables couplées à l’efficacité énergétique. Le sous-titre de l'ouvrage intitulé Energiewende, ouvrage publié en 1982, s’intitule « Croissance et Prospérité sans pétrole ni uranium ».

L’institut d’écologie appliquée venait lui-même d’être créé, financé par des organisations non seulement environnementales, comme Les Amis de la Terre, mais aussi par une organisation protestante qui finançait la recherche. En Allemagne, défenseurs de l’environnement et conservateurs restent, jusqu’à aujourd’hui, très apparentés, et ce lien fait qu’il est presque inconcevable que des hommes politiques conservateurs puissent s’opposer aux renouvelables, alors que c’est l’inverse ailleurs. Ainsi, nombre des partisans les plus en vue des énergies renouvelables sont issus du Parti des Chrétiens-démocrates (CDU), comme Peter Ahmels, à la tête de l’Association allemande pour l’énergie éolienne entre 1997 et 2007.

Un autre bon exemple est celui de Wolf von Fabeck, qui a contribué à la mise en place des tarifs de rachat pour l'énergie solaire dans sa ville d’Aachen, dès les années 1980. Von Fabeck, ancien officier dans l’armée, est devenu écologiste en voyant les effets des pluies acides provoquées par les centrales à charbon, et a milité ensuite pour l’énergie solaire quand il a compris l’impossibilité pour les centrales nucléaires de se protéger des risques d’une attaque militaire. Ses premières conférences sur l’énergie solaire se sont tenues dans l’église de sa ville dont le pasteur fut l'un de ses premiers soutiens. On peut également citer Franz Alt, l’auteur de Der ökologische Jesus (Jésus l’écologiste). Nombre d’églises modernes en Allemagne sont, en cohérence avec cela, équipées de panneaux solaires sur leurs toits.