Questions & Réponses

L’énergie nucléaire ne serait-elle pas un moyen bon marché de réduire les émissions de carbone ?

Le nucléaire n’est pas un bon investissement. Aucune centrale nucléaire ne se construit aujourd’hui dans le cadre d'un marché libre, sans une aide massive de l’État. On continue à considérer le nucléaire comme une source d’énergie bon marché pour deux raisons : la première est que toutes les centrales actuellement en service à l’ouest ont été construites il y a longtemps et sont déjà amorties – plus elles restent opérationnelles, plus elles sont rentables ; la seconde raison est que le coût total de l’énergie nucléaire n’est pas répercuté dans nos factures d’énergie. Une partie de ce coût est reporté sur les contribuables et les générations futures.

Au Royaume-Uni, EDF, l’opérateur nucléaire français, demande une garantie de retour sur investissement de 10 pour cent sur une période de 35 ans. Plus précisément, EDF demande environ 10 pence par kilowattheure. Dans les deux cas, cette énergie nucléaire serait beaucoup plus chère que l’éolien terrestre actuellement, et même plus chère que celle produite par les grandes batteries de panneaux solaires nouvellement installées au sol. À partir de maintenant, et pour des décennies, l’électricité nucléaire coûtera plus cher car elle est indexée sur l'inflation, alors que le coût des nouvelles énergies solaire et éolienne diminuera.

Aux États-Unis, Wall Street s’est détournée des financements de centrales nucléaires dangereuses. Seule l’énorme subvention de 8,33 milliards de dollars de garanties de prêt fédéral conditionnel maintenait le rêve de construction par la Southern Company de deux réacteurs supplémentaires à Plant Vogtle, en Géorgie. Ce soutien n’a toutefois pas été suffisant ; le projet a été mis en suspens dans le courant de l’année 2017 car Westinghouse a fait faillite. Vogtle a également une histoire qui devrait préoccuper les contribuables. La construction des deux premiers réacteurs a pris presque 15 ans, a dépassé le budget de 1 200 pour cent et provoqué la hausse la plus importante des taux à l’époque en Géorgie.

Les centrales nucléaires vieilles de plusieurs décennies (construites grâce à d’importants subsides et de soutiens gouvernementaux) produisent en effet de l’énergie bon marché, mais toutes les estimations s’accordent pour dire que le coût de construction d’une centrale nucléaire, sans subsides importants, serait aujourd’hui prohibitif. Les seules centrales actuellement en construction dans l’Union européenne (en France et en Finlande) sont en retard sur le planning et dépassent largement le budget.