Questions & Réponses

De quelle capacité de stockage électrique l’Allemagne a-t-elle besoin ?

En 2016, l’Allemagne a fait la preuve de sa capacité à produire 20 pour cent de son énergie à partir d’éoliennes (13 pour cent) et du photovoltaïque (7 pour cent) sans stockage d’énergie supplémentaire. La quantité de stockage requis n’est toutefois pas proportionnelle à la seule électricité renouvelable, mais plutôt à la part d’éolien et de solaire intermittents, en lien avec une charge de base fixe. Cette question majeure du stockage énergétique en général, ne devrait pas se poser avant la fin de cette décennie.

À court terme, l’Allemagne n’aura pas besoin de plus de stockage. Selon l’estimation (PDF) basée sur les statistiques de la production énergétique du premier semestre 2012 de Bernard Chabot, expert en énergie, une production combinée de 46 gigawatts de vent et de 52 gigawatts de PV (les objectifs actuels) ne dépasserait en général pas les 55 gigawatts. Avec ce niveau de capacité de production – que l’Allemagne peut atteindre en quelques années seulement – le besoin de stockage reste très limité, toute l’électricité produite pouvant être consommée.

En 2013, les chercheurs de l’institut Fraunhofer ISE ont découvert que l’Allemagne pouvait continuer à consommer 99 pour cent de son électricité éolienne et solaire fluctuante sans stockage si une capacité de 62 gigawatts d'éolien et un peu plus de 75 gigawatts de solaire étaient installés (en plus des 20 gigawatts actuels de puissance « constante »). « Constante » désigne ici le niveau minimum de capacité du parc conventionnel de l’Allemagne. Si le niveau constant est abaissé à 5 gigawatts, l’Allemagne pourrait avoir environ 100 gigawatts d’électricité éolienne et environ 120 gigawatts d’électricité solaire installées, tout en continuant à pouvoir consommer 99 pour cent de cette électricité sans stockage.

Même en atteignant ces objectifs, l’Allemagne, avec des niveaux de consommation allant de 40 à 80 gigawatts, aura besoin d’à peu près 80 gigawatts de capacité flexible. Le problème est qu’un volume croissant de cette capacité flexible est inexploité presque tout le temps, ces systèmes devenant alors peu rentables. Les paiements de capacités et la création d’une réserve stratégique sont les solutions proposées – la politique à mettre en œuvre n’étant pour le moment ni claire ni détaillée. En 2015, le gouvernement allemand a rejeté l’idée du marché de capacité.

Par ailleurs, de nombreuses options de flexibilité sont mises en place, allant de la gestion de la demande dans les entreprises à forte intensité énergétique aux méthaniseurs flexibles, aux solutions intelligentes pour les consommateurs, en passant par les nouvelles options innovantes électricité/chaleur qui utilisent le surplus d’électricité éolienne ou solaire pour alimenter les systèmes de chauffage urbains. Ces options de flexibilité créeront un nouveau marché d’entreprises de services liés à l’énergie.